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La carte des lieux visités
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Auré et moi vous avons laissé à Dakoro, où l'expérience était particulièrement géniale du fait de l'accueil. Notre expérience à Moutori le fût aussi, mais pour des raisons un peu différentes.
En arrivant, en plus des enfants qui nous sautaient dessus, une jeune femme avec un enfant dans les bras est venue à notre rencontre, ce qui est assez inhabituel, puisque c'est le directeur, toujours un homme, qui est là d'habitude. Et je me sentie bien, cette femme dégageait à la fois de l'assurance, nous rassurant du même coup sur ce qui nous attendait dans cette école, et une intelligence certaine. Il s'est avéré par la suite qu'elle était une institutrice déléguée par les Nations Unies, ce qui lui donnait aussi au sein de l'équipe pédagogique un statut spécial...Bonne première impression donc.
En attendant le directeur, on s'assoit sur la terrasse de notre maison, et les enfants, très nombreux, nous entourent, se posant un peu partout. Aurélien commence une animation : tous les enfants se mettent à imiter ses grimaces, plus affreuses et marrantes les unes que les autres ; ils chantent à sa demande ; moi je filme, je me sens un peu mal à l'aise dans le rôle du pitre qu'Auré joue tellement bien -les enfants de Moutori l'adorent !-. C'est génial, je me sens bien.
Le directeur arrive : il est tout timide, et s'il ose regarder Auré dans les yeux, il ne le fait pas avec moi...Nous mangeons très bien, surtout le lendemain midi où il y a tô+couscous+sangria+crudités ! C'est démentiel !
La rédaction des lettres par les CM2 se passe très bien, ils sont plein de bonne volonté, même s'ils ont beaucoup de mal à comprendre nos corrections et les questions qu'on leur pose.
On a droit à un spectacle de danse des enfants aussi, c'est teelement touchant de les voir tous rassemblés pour nous ! Vous pensez peut-être que j'en fais un peu trop, mais c'est quelque chose d'avoir toute une école rassemblée pour vous pendant près de 2 jours !
La réunion avec les parents d'élèves est très instructive également, on discute pendant près de 2h sur un projet bibliothèque / latrines pour les élèves / armoires pour le bureau, et c'est pas évident !
Au départ, on a droit à de supers cadeaux : un tabouret et un costume traditionnel d'homme ! On gardera un excellent souvenir de cette école.
Pauline
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Publié à 07:30, le 13/12/2008, Mots clefs : |
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Première "collaboration" en école entre Anna et Marie...Plutôt sympa!
Nous sommes arrivées à Kampti lundi midi, après un départ difficile de Banfora et surtout quelques heures de piste assez désagréables surtout pour celles qui sont tout au fond du 4x4, sous les bagages et autres paniers...Pauline, Auré, Marire, Yara et Irène nous ont déposées à Kampti puis ont poursuivi leure route jusqu'à Holly et Moutori.
Après avoir ingéré les 50 premiers centilitres de sucrerie de la journée (entendez par sucreries coca, fanta, sprite...), nous sommes parties en moto avec le directeur et un instit pour aller jusqu'en Côte d'Ivoire!!! Et oui, la frontière se situant à 25 km environ de Kampti, nous ne pouvions pas ne pas aller faire une petite photo de touristes à côté du panneau annoncant le pays. Au retour, nous nous sommes arrêtés visiter un site d'orpailleurs : il y a apparamment pas mal d'or dans la région et l'orpaillage est une activité qui semble faire vivre pas mal de gens. L'endroit était très spécial. D'abord, il n'y aucune construction en dur, mais que des sortes de paillotes car dès qu'un site semble contenir de l'or, tout le monde doit pouvoir s'y rendre rapidement, et inversement, quand le site n'en contient plus car tout a été exploité, les orpailleurs s'en vont comme ils sont arrivés, donc ça ne vaut vraisemblablement pas le coup de s'installer vraiment dans une maison en dur. Ensuite, d'après ce qu'on a pu voir et ce que nous ont dit le directeur et l'enseignant, c'est un peu la déchéance ces sites : les orpailleurs ont un peu d'argent, mais ils dépensent tout tout de suite sans compter, pour acheter de l'alcool, pour payer des filles,... Bref, assez spécial! Et tous les mecs sont de vrais kékés, en mode lunettes de soleil, grans t-shirts et grosses chaines dorées autour du cou; ça change de la population de brousse qu'on a pu rencontrer! Au-delà de ça, on nous a expliqué comment était extrait l'or, c'était très intéressant!
Après cette visite, nous sommes rentrés à Kampti sous un magnifique coucher de soleil. Au passage, vous devez savoir qu'il y a de nombreux feux de brousse dans le pays : les gens allument des feux pour débroussailler plus facilement et un peu par tradition, ce qui, en fait, n'est pas très bon car parfois risqué et car ça appauvrit le sol, mais c'est extrêmement fréquent. Et là, justement, en rentrant en moto, il y avait un immense feu de brousse, allumé juste au bord de la route, avec certaines flammes dépassant les arbres, et telles des aventurières, nous avons presque traversé ce feu qui envahissait toute la route, et on a eu un bon coup de chaud! Je dois vous avouer qu'on était pas très rassurée Anna et moi sur les motos, mais c'était plutôt drôle, on se serait crues dans Indiana Jones!
Le soir, comme c'était Tabaski (fête musulmane), nous avons été invité par le directeur à un bal, en compagnie également d'un enseignant et d'Evelyne, une Française volontaire du progrès super sympa qui bosse à Kampti depuis un an et demi et chez qui nous étions royalement logées. Ce bal, en fait, c'était un maquis où on a pu (un peu) danser, sur des musique parfois assez vieilles et farfelues, mais c'était très sympa! Et pour le première fois depuis longtemps depuis la France en fait), on s'est couchées vers 2h du matin!
Le lendemain matin, réveil assez difficile, mais bon, on en a vu d'autres! On a pu rencontrer les élèves de toutes les classes. Mais le directeur, ainsi que les élèves ont appris le matin même, vers 7h30, que les cours de toute la semaine avait été annulés. Lundi, les cours déjà étaient suspendus à cause de Tabaski, et jeudi c'était la fête nationale, donc férié aussi. Et pour des raisons assez étranges, car un journaliste a été tué il y a 8 ans à cette époque là et que tous les ans il y a des manifestations en sa mémoire dans les établissements scolaires notamment, les cours ont été suspendus pour toute la semaine. Bon, on n'a pas tout compris, mais c'est ce qui s'est passé dans tout le pays!
L'après-midi, après avoir visiter le marché local avec une enseignante, nous sommes reparties en moto dans la brousse pour visiter une autre école et voir un peu les villages lobi. Le soir, nous avons eu droit à un véritable banquet. Les institutrices nous ont préparé un excellent repas, accompagné de vin rouge (un peu dégueu, mais bon, c'est l'intention qui compte). On a donc été très très bien reçues à Kampti!! Le directeur qui a déjà été plusieurs fois en France était très sympa et marrant, on a pu discuter de nos expériences respectives dans nos deux pays...Fait notoire, il a également participé aux championnats du monde de Scrabble! Et il est déjà aussi venu a Cergy et passé devant l'Essec...
En tout cas, on garde avec Anna un très bon souvenir de cette école. Et encore un dernier petit détail : en repartant à Holly pour chercher Marie, Yara et Irène, un troupeau d'une bonne quinzaine de singes est passé devant nous sur la route!!
Marie A
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Publié à 02:17, le 11/12/2008, Mots clefs : |
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Nous avons passé le weekend dernier à Banfora, petite ville au sud-ouest de Bobo-Dioulasso. Les cascades de Karfiguéla étaient THE place to be de la région, nous sommes donc passés y jeter un oeil......pour n'en partir qu'après plusieurs heures de clapotages et zonage les pieds dans l'eau !
L'endroit était, il faut le dire, tout simplement paradisiaque. Après nos aventures parfois fatiguantes, parfois douloureuses, nous avions mérité ce repos du guerrier associatif.
J'aimerais vous montrer les photos, mais en fait il y a des difficultés techniques et impossible de charger les images. J'espère trouver une solution avant notre retour, histoire de vous faire baver un peu (en effet dès que nous seront rentrés rouges de poussière il n'yaura plus de rêve ni de cascades qui tiennent !).
Et puis après la découverte de ce petit paradis, nous avons marché à travers la brousse, pour arriver au pied des Dômes de Fadébougou, des sortes d'immenses blocs de pierre rouges et errodés, enfin bon sans vous faire un cours de géologie car mes savoirs sont limités pour ne pas dire inexistants, c'était assez impressionnant et beau.
On a quand même eu droit à une petite altercation avec le "gardien" du "péage" du site, car nous n'avions pas payé (n'étant pas passé par le "péage" classique, mais un chemin reliant les cascades aux dômes)......Rien de grave mais le retour fut moins réjouissant que l'aller.
Le lendemain nous avont fait une belle balade autour du lac Tengréla. Pauline et Auré en amoureux transis ont fait un tour de pirogue et même apperçu des hippos au loin ! Nous autres filles nous sommes seulement promenées pour admirer la brousse, les palmiers, les nénuphars tranquillement posés sur l'eau scintillante. Et ben c'était beau mesdames messieurs !
Je regrette pour les photos. Imaginez un endroit très très beau, eh ben c'est encore loin du compte. Je pense que tout le monde dans l'équipe est d'accord pour dire que cette zone autour de Banfora offre les plus beaux paysages que nous ayons découvert dans le pays jusqu'à présent.
Une note spéciale à Auré et Pauline, qui n'auraient pas rêvé endroit plus romantchique pour leur lune de miel !! Bande de veinards...
Signé Marire envoyée spéciale à Banfora pour EPH (j'ai trop regardé France 24 ce matin...)
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Publié à 01:57, le 11/12/2008, Mots clefs : |
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Jeudi 27 novembre (et les jours suivants...)
J'ouvre les yeux à l'Afrique. Je ne veux en voir que la beauté. Je me perds dans ses paysages infinis.Je parle à Pauline, divague.
Nous sommes à présent entre Bobo et Koudougou. J'apprécie les paysages. Nous roulons à 100 km/h sur la voire à moitié goudronnée, à moitié percée de toutes parts par des termites géants: les hommes. Les hommes qui transportent dans des camions et autres mini-vans des charges ultras-dangereuses et disproportionnées.
Une fois ça crève.
Ca fait un trou immense dans le goudron car ça n'a pas de cric.
Une fois c'est 10 hommes. 10 hommes sur un toit lancés à grande vitesse. Une fois c'est rigolo. On fait coucou de la main.
La main est figée: je dis bonjour à tout le monde sur la route.
La main se fige: je dis bonjour à tous les blessée sur la route.Il leur en faudra une, de bonne journée,à ceux là.
La main se fige, fermée, comme paralysée.Je ne puis plus feindre d'être semi-conscient.Un camion renversé. On s'arrête brièvement.
La main figée, le pouce levée. On peut repartir, tout est OK.
Des bonjours aux enfants des villages sur le bord de la route. Ici j'ai un million de fans de moins de 13 ans, comme Lorie. Je me suis pris au jeu. On entend des enfants crier "toubabous"(= les blancs), ou plutôt "babous" (on passe vite, donc on entend pas tout!) au passage du land rover dans chaque village. Chaque sourire est un songe.
La main se fige. Une collision a eu lieu entre deux poids lourds. Les deux chauffeurs sont blessés, mais saufs, et secourus depuis longtemps. La main se fige, sur l'objectif. Le tableau est impressionnant . Les deux camions sont renversés et éventrés, les pare-brises enfoncés, défoncés.
Ah oui!J'oubliais. Ce sont des camions citernes...
La main se fige. Le pouce levé. OK, on repart. Caméra au poing. La main est figée. Les paysages sont magnifiques. Ocres, rouges, verts se succèdent et emplissent mes yeux. Même la poussière ne me contraint à les clore, je ne peux louper cela.
La main se fige. On repasse devant le charnier où a eu lieu la collision entre un camion et un bus il y a deux semaines. Bilan: 66 morts. Impressionnant. Pour information, nous sommes toujours sur la route principale du pays.
Les pouvoirs locaux n'ont pas eu le temps de tracter le cadavre du bus dans une décharge. Les villageois en profitent donc et récupèrent le métal. Le hic est qu'il reste toujours des corps, certes calcinés, mais des corps d'êtres humains quand même.
Semi-conscient. Je fais la mission, je vis la mission, je bois et mange mission, je profite à 100% des autochtones. Semi-conscient, je m'adapte à la simplicité de l'hébergement et de la nourriture locale( mais oui mum, je reste toujours tout de même 20 minutes sous la douche, même avec un seau et une bouilloire) (acquiescement de Pauline). Mais à chaque fois que l'on peut nous recherchons notre confort: piscine, sodas, restaus.
Semi-conscient: échange biaisé,déséquilibré avec la population, volonté de dialogue simple.
Semi-conscient, je suis bien ici. Non, je suis mal à l'aise, je veux rentrer.
Je voudrais m'installer, vivre ici, je ne supporterai pas de rester un jour de plus que la mission.
Je rêve, je cauchemarde, me réveille. On est 7, on va bien, on se soutient.
On va au restau, on est très en confiance, on se sent en sécurité dans ce pays. On s'amuse bien dans cette mission, on rigole bien toute la soirée. Des yeux se ferment, nous sommes devant l'hôtel, je suis à 2 doigts de m'endormir...
Un cri court dans la nuit. Derrière nous, Marie essaye de rattraper un typ en mob qui s'enfuit avec la banane qu'il vient d'arracher de la taille de l'autre Marie.
Fin du rêve. Je me réveille. Tout était vrai.
Auré
PS: nous lisons tous vos commentaires, merci beaucoup à, dans le désordre, Sylvie, mum, Mamie, Irène's mutti, Irène's mec, on pense à vous!!
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Publié à 12:59, le 5/12/2008, Mots clefs : |
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Arrivées à Nasso lundi après-midi, nous ne sommes reparties qu'aujourd'hui vendredi à 16h. L'installation des systèmes d'irrigations dans le jardin potager de l'Aspirât de Nasso nous a quelque peu retardées, car on n'est jamais à l'abri de milliers d'imprévus en Afrique: retard de la main d'oeuvre, dysfonctionnements multiples et répétés des deux motopompes testées pour faire fonctionner le système, tuyaux trop courts, .......bref, le concept même d'imprévu n'est pas tout à fait le même que le nôtre.
Malgré tout, nous avons vu le système fonctionner et asperger le terrain hier soir, donc malgré quelques réparations à effectuer et une motopompe à réviser, nous sommes satisfaites de notre action dans cette école.
De notre accueil un souvenir frais et végétal, surtout très chaleureux. Les soeurs nous ont traitées comme des reines et l'ambiance était vraiment fun et conviviale. Les six soeurs sont un peu nos sept nains burkinabé. Soeur Rosine, la grincheuse a particulièrement pris soin de nous faire visiter le domaine, les jardins botaniques et les potagers de l'Aspirât. La "soirée récréative" orgnisée par le "comité de loisirs" de l'école nous a même donné l'occasion de "remuer les fesses" sur la piste entraînées par une danseuse de 14 ans endiablée....
Nous nous sommes senties vraiment utiles à travers notre action: financement du système d'irrigation, apports de livres encyclopédies ("un trésor"), fournitures scolaires et sportives. Nous avons senti la reconnaissance des élèves, des soeurs et des professeurs à travers leur chaleur et leur accueil vraiment mémorable. Nous garderons donc un très bon souvenir de ce passage à l'Aspirât de Nasso.
Les deux Maries.
Ps: Un moment d'émotion (ou de soulagement, à voir) pour nos Marie ² qui se quittent dès lundi après plus d'un mois de collaboration fuctueuse et de solidaire camaraderie.
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Publié à 08:49, le 5/12/2008, Mots clefs : |
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Vous nous aviez laissés triomphants après le projet de panneaux solaires à Pella, nous revoilà partis le lundi suivant pour Konsabla, charmante localité proche de Diébougou (sud-ouest du pays), où nous nous attendions à un accueil "royal", puisqu'on nous avait annoncé des sketchs, danses... en bref une mini kermesse.
En effet à notre arrivée toute l'école est assemblée au son du balafon et du tam tam. Après un déchargement express des cartons, le 4x4 et le reste de l'équipe nous quitte pour repartir vers d'autres écoles. On nous propose sans plus attendre de nous assoir (ici, un blanc ne doit pas rester debout, à croire que nous sommes en sucre), et du dolo (la bière locale, à peu près 15% d'alcool, un goût pour le moins...local) servi dans des calebasses. Nous trempons poliment les lèvres mais préférons de loin nous hydrater à la Lafi (l'eau minérale burkinabé, certifiée pure par l'institut pasteur s'il vous plait, Irène est rassurée).
La fête peut alors commencer. Effectivement, nous assistons à des mini sceynettes sur le thème : "arrete de boire du dolo, tu pourras payer l'école à ton fils", et nous avons droit à un cours improvisé de percussion et balafon. Le fait que nous formions un orchestre pour le moins piteux a l'air de réjouir nos hôtes au plus haut point. Très vite cependant nous nous rendons compte que la majorité de l'assistance (les enfants y compris) est pour le moins... réjouie, et que le dolo n'est pas inoffensif, meme pour les initiés. Nous sommes confortés dans cette impression par le discours historique que nous sert un délégué municipal, et que nous retranscrivons ici : "Bienvenue à vous. Au nom du conseil municipal, que je représente , et meme deux fois puisqu'un membre type m'a donné sa procuration, je souhaite la bienvenue dans notre école. L'honorable député maire, qui est revenu de ouagadougou hier et que vous pourrez rencontrer, l'honorable est tout à fait... tout à fait... tout à fait... bon .. je dirais... honoré de votre présence. Je suis l'organe délibérant. J'écoute, j'analyse, je fais la synthèse. L'honorable n'est pas là ... etc" Suivent des propos assez incohérents sur la décentralisation, les idées de l'honorable et de son serviteur, l'organe délibérant. Irène, stoique, hoche la tête d'un air très intéressé, tandis qu'aurélien et moi meme (anna) rient sous cape, surtout lorsque l' Organe se lève pour recommencer le meme discours.
Après cette matinée mémorable, nous passerons le reste du séjour dans des chaises longues à boire du thé et à écouter du reggae ou la radio chrétienne locale nous prodiguant entre deux morceaux de musique des annonces telles que : "il est 19hpassées de 12 minutes dans nos studios, l'homme propose et dieu dispose". Séances philosophie sous les étoiles. Finalement, cette école est pour nous une déception, puisque pour le première fois nous nous sentons assez inutiles, ne trouvant pas en face de nous des interlocuteurs dynamiques. La bibliothèque : "c'est impossible". Les fournitures : "ya pas de cahiers double ligne??" . Les panneaux solaires (installés par une autre association) : " Un seul élève vient chaque soir. Vous comprenez, c'est loin"(alors que les panneaux étaient une demande de l'école). Après 3 jours assez ennuyeux et désabusants, et deux nuits fort agitées car ponctuées de combats homériques avec, dans l'acte 1, Irène et le cafard volant, et dans l'acte 2, aurélien et les bestioles-à-dard-rouge-qui-veulent-percer-la-stiquaire, nous quittons konsabla, un peu en retard puisque nous avons du attendre que la Princesse daigne finir ses ablutions. Eh oui, le seul homme de notre mission est en effet... une femme au plus profond de lui meme. Ou peut etre a-t-il adopté le rythme burkinabé?
Nous retrouvons le soir même bobo, son marina market, ses vendeurs ambulants..... mais ceci est une autre histoire
Anna, assistée d'Irène, et sans la princesse
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Publié à 08:23, le 5/12/2008, Mots clefs : |
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Avec un peu de retard, voici des nouvelles du deuxième "gros projet" de la mission (comprendre investissement financier et personnel plus important), c'est-à-dire les tables-bancs de l'école primaire de Babora...
Yara et moi étions responsables de ce projet, et à dire vrai, Yara qui avait eu le menuisier au téléphone, craignait un peu que ce dernier ne soit pas fiable, et que le projet en pâtisse. Je dois avouer que je n'avais pas les mêmes craintes, étant incapable de voir au-delà du lendemain, la tête étant trop pleine, et faisant naturellement confiance à autrui -je suis déjà un peu bukinabé moi aussi...
Les craintes de Yara furent heureusement infondées ; le menuisier est arrivé avant nous, et nous est tout de suite apparu comme sympathique et responsable. Ceci n'a toutefois pas empêché le devis d'enfler : il passe après inspection des salles de classes de 200.000 FFA (305 €) à 280.000 FCFA (427€) - depuis le mois de mai dernier, l'état du matériel s'était encore dégradé.
Mais ce Monsieur est décidément bien : on lui dit qu'on ne peut tout financer avec une telle augmentation, et il revoit pour nous tous les prix unitaires afin de voir où des arrangements sont possibles. Et on tombe finalement d'accord sur un prix TTC de 230.000 FCFA (350€), un moindre mal (on avait prévu la hausse). Les travaux ont été achevés en 1 jour et demi, un véritable record -on s'attendait à 4 ! On s'est vite toute deux senties plus sereines par rapport à ça.
Le deuxième point était de mettre en place un échange épistolaire avec la classe de CM2, et là, ça se corse...12 élèves sur 54 ne savent pas lire, Yara et moi corrigeons une à une toute les lettres avec les élèves - "Il s'appelle comment ton Papa ?" "Oui." "Oui ? Ca ne veut rien dire, je te demande le prénom de ton Papa." "Oui."...Bref, la communication est difficile. On comprend vite que ceux qui savent lire ne comprennent pas pour autant ce qu'ils lisent...C'est un peu dur, mais quelle satisfaction lorsque les 54 lettres sont enfin entre nos mains !
Troisième point, celui qui m'a beaucoup marqué personnellement : la bibliothèque. C'est la raison d'exister de cette assoce à la base. A Babora, point de bibliothèque. Les livres apportés par EPH l'an passé ont été entreposés dans une armoire fermée et pourrissent doucement. Avec Yara, on prend notre courage à deux mains, et c'est parti pour 2h d'époussetage et de classement. Nous sommes très fières du résultat au final. Et surtout, quelle récompense de voir qu'après avoir parlé aux CM2 de cette bibliothèque, 3 jeunes filles sont venues spontanément emprunter ! Aussitôt suivies de 30 autres enfants, dont les motivations nous semblaient plus suspectes -il y a un important effet de masse dans les petites classes et de volonté de se copier les uns les autres-... Mais c'était déjà un grand pas ; on sait que ça ne durera peut-être pas, mais c'est déjà ça !
Et les personnes rencontrées ! Jeanne D'Arc, la solennelle cuisinière, Aubierge, le femme de Jean-Charles, et le directeur, si sympathique...
A très bientôt pour la suite !
Pauline
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Publié à 05:24, le 5/12/2008, Burkina Faso Mots clefs : |
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Des nouvelles de Pauline et Aurélien, partis pour l'école de Dakoro, au Sud de la verdoyante ville de Banfora...
Nous savons que nous avions de la chance...Les comptes-rendus des années précédentes parlaient d'une école géniale où l'accueil était "inoubliable"...Nous n'avons pas été déçus !
Il est des écoles comme ça où apporter 300 cahiers et 70 livres parait trop peu compte-tenu de l'enthousiasme en face.
Nous sommes arrivés lundi soir, la nuit était tombée depuis bien 1h30 (promis, on ne roulera plus de nuit, c'est trop stressant), et le directeur nous attendait depuis la veille - nous avions dû retarder notre départ à cause du mec qui vola très obligeamment sa banane à Marie A.... Nous nous sommes excusés mille fois -nous avions également du mal à l'appeler puisqu'il y a eu ce même jour une coupure nationale d'internet et du réseau téléphonique- mais nous étions déjà excusés.
Tout dire paraît difficile, même pour seulement deux jours...
Nous avons fait le tour des classes, rencontré les parents, l'équipe enseignante, la maire (qui veut jumeler Dakoro et Paris tout de même...nous avons dit que ce n'était pas de notre ressort mais il a rétorqué que Cergy serait bien aussi...en gros, tant qu'une ville veut bien donner des sous...). Nous avons assisté au mythique match de foot opposant les enseignants et les élèves de la classe de 3e (Aurélien a prétendu que les profs avaient triché...forcément, puisqu'ils ont gagné et qu'Aurélien soutenait les élèves !). Et j'aurais aimé que vous puissiez voir les matchs de hand féminins ! Comme les filles venaient d'apprendre ce sport, elles couraient comme si elles étaient au rugby !
Le moment le plus touchant a été l'organisation d'un spectacle en notre honneur : musiciens traditionnels, danses des villageois, sketch, récitations de poésie et conte par les élèves...Bref, que du bonheur ! On en a eu plein les yeux et les oreilles, j'ai encore le sourire aux lèvres en y repensant...C'était fou ! On a même dû danser avec les profs et Aurélien a gagné le duel qui l'opposait au directeur (vous l'auriez vu danser aussi...) !
Les paysages dans cette région sont magnifiques, ce qui ne gâchent rien !
Une superbe expérience !
Merci à nos lecteurs nombreux et de partout dans le monde !
Pauline
Le lendemain soir, dîner d'adieu avec les profs et les parents, et remise des cadeaux : sept paniers tissés magnifiques (tradition Sénofou, il s'agit d'un cadeau typique de la région).
Seul bémol (très petit) de mon côté : les rats qui font la java la nuit dans la chambre...Bon, on doit s'habituer à tout, certes, mais ça, c'est pas encore fait !
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Publié à 06:42, le 4/12/2008, Burkina Faso Mots clefs : |
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Hier soir l'équipe postée à Bobo, à savoir notre trio infernal Irène-Auré-Anna, plus les Marie ², s'est dit "tiens et pourquoi ne pas aller au théâtre ce soir les enfants ?"
Et nous voilà partis pour découvrir le Centre culturel français Henri Matisse de Bobo. Le spectacle est sensé commencer à 20h30, mais nous destressons rapidement en arrivant à 20h36, ici c'est l'heure africaine et la pièce ne commence pas avant 20h50...
Nous découvrons un décor fait dans la récup' mais vraiment magnifiquement coloré et léger à la fois: des toiles de jutes cousues en tapisserie entourent la troupe d'acteurs. La musique rythme la narration, nous fait vibrer à chaque moment. Nous n'assitons pas tant que ça à une pièce de théâtre comme on peut l'imaginer en France, mais plus à un conte balançant entre portrait noir des réalités africaines (le festival dans le cadre duquel se déroule la pièce s'appelle d'ailleurs le Festival des réalités) et fable fantaisiste universelle portant sur des sujets aussi sombres que la misère, la faim, les rêves et les ambitions des plus démunis.....Mais tout est traité avec une légèreté et un humour qui nous déroutent presque, nous européens.
La pièce est d'ailleurs bilingue: moitié français, motié dioula, dialecte du Mali très utilisé dans cette région du pays. Il nous semble d'ailleurs que les meilleures répliques sont en dioula, car le public éclate de rire en dioula, mais sourit discrètement en français...
On nous raconte alors l'histoire d'un vieil homme qui préfère commencer à creuser la tombe de son épouse avant de ne plus en avoir la force, et finit par en mourir; celle d'un pêcheur qui, emporté loin des côtes par la mer, est obligé de s'arracher les yeux pour apater les poissons et ne pas mourir de faim; enfin, une fable contant l'existence d'une baleine dont l'immense mâchoire offre monts et merveilles à qui à le courage d'aller à sa rencontre....
Les chants et la musique sont d'une intensité et d'une beauté frappantes. Malgré la fatigue de notre petit groupe (les journées commencent à 6h), malgré les petits yeux d'enfants qui se ferment, nous avons été comme bercés par cette soirée magique en plein air, bercés par les grillons et les voix chantantes des pêcheurs et des aventuriers sur scène.
Marire pour l'équipe Bobo-Dioulassienne
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Publié à 04:20, le 27/11/2008, Mots clefs : |
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Salut à tous!!
Nous venons d'arriver à Bobo, au sud-ouest du pays, avec Marire, Auré, Irène et Anna (et moi, Maria). Les "Marie ²", nous étions au lycée provincial du Ioba à Dano, où tout s'est super bien passé (Marire vous concocte un petit article à ce sujet), et le trio infernal était à Konsabla, non loin de Diébougou (pour ceux qui lisent notre blog, carte IGN à l'appui), où le temps, là aussi, semble ne pas s'écouler aussi rapidement que chez nous en France! Mais ils vous raconteront probablement ça plus tard!
Pauline et Yara sont toujours à Babora (près de Dano). Elles y restent jusqu'à samedi, car un gros projet y est mis en place, à savoir la réfection des tables-bancs de l'école. Pour elles tout semble bien se passer aussi. D'après les quelques nouvelles que l'on a , les profs sont sympa set accueillants et le menuisier qui répare le mobilier de l'école semble tout à fait fiable, donc tout va pour le mieux!
Nous sommes donc 5 à Bobo pour le moment. Alors que certains font des amplettes (ce qui n'est pas de tout repos ici étant donné que tel un pot de miel, une nuée de mouches fonce sur vous dès que vous mettez le nez dehors...), d'autres se reconnectent avec leur monde via internet!
Demain, jeudi, Anna et Auré montent à Ouagadougou, via Koudougou, pour récupérer des cartons de livres et de fournitures scolaires que nous stockons à l'université, car nous ne pouvons pas tout transporter d'un coup, il nous faudrait un camion... En redescendant à Bobo, ils passeront à Babora récupérer Pauline et Yara. Et dimanche, nous repartons tous dans de nouvelles école :
Irène, Yara et Anna au collège de La Paix à Bobo
Auré et Pauline à Dakoro près de Banfora
Et Marie et moi à Nasso, tout près de Bobo, à l'aspirât Sainte-Marie (c'était donc notre école de prédilection) de l'Annonciation. Nous y ferons installer deux systèmes d'irrigations par asperseurs dans le grand potager tenu par les soeurs et leurs élèves. Ceci fera l'objet d'un article plus détaillé en fin de semaine prochaine!
En attendant, nous restons donc toutes les trois, Irène, Marie et moi à Bobo pour le week-end. L'occasion d'aller voir une pièce de théâtre africaine et un film tchadien au centre culturel français. Il faut bien se faire plaisir et découvrir le plus d'aspects culturels possible!
En tout cas, sachez que pour le moment tout se passe bien, nous nous supportons sans trop de difficultés, il fait en moyenne 35 degrés, et on pense parfois déjà un peu à ce qu'il y aura au menu chez nous à Noël! Mais ne vous inquiétez pas, nous sommes très bien nourris...de riz, poulet, tô, foutou, atiéké,alloco, ... D'ailleurs, au menu de ce soir, un poulet qu'Anna, Auré et Irène ont reçu en cadeau à Konsabla et qui a voyagé toute la journée avec nous!
Sur ce, à bientôt et bon courage à ceux chez qui il neige et gèle!
Maria
PS : les photos des Marie² à Malba arriveront bientôt (peut-être même ce week-end), de même que de nouvelles photos des écoles que l'on a visitées cette semaine!
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Publié à 05:58, le 26/11/2008, Mots clefs : |
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Arrivée lundi en début d'après-midi à Dano. Accueillies par Monsieur le Directeur du lycée provincial du Ioba, situé à 2-3 km de Dano. Ce Monsieur sera en fait notre ange protecteur pendant le court séjour dans ce lycée. Il nous a accueillies comme des reines malgré un emploi du temps très chargé et des milliards de soucis de proviseur d'un grand lycée comme celui-ci.
Déjeuner avec Pauline, Yara, les Marie, le Directeur, la Directrice du nouveau collège communal de Dano (collège actuellement hébergé dans les locaux du lycée), et l'intendant du lycée. Tout de suite les trois hôtes sont carrément en mode private joke continuellement, ils s'appellent "Maman", "Papa", "Grande soeur" et "Petit frère", bref ils s'amusent bien sans pour autant nous délaisser, nous sommes intégrées à la plaisanterie...
Nous découvrons le lycée dont les bâtiments sont soit en travaux, soit tout beaux tout neufs et aux architectures balançant entre modernité et tradition, aux couleurs lumineuses et aux structures astucieuses pour lutter contre la chaleur ou les intempéries...
Pauline et Yara nous quittent pour rejoindre Babora, à 15 km environ, pour commencer le grand projet des tables-bancs dont vous aurez des nouvelles très bientôt.
Marie et moi sommes acompagnées en voiture jusqu'à notre chambre, à la mission catholique de Dano. Des lits !! Une douche !! Des WC sans chasse d'eau !! Tout le confort inespéré dont nous rêvions...
Le soir le directeur et son accolyte de directrice, tous les deux décidément charmants, nous emmènent dîner dans un maquis en plein air. Il y a même la télé grand écran et les infos françaises, mais la discussion est bien trop centrée sur nos questions concernant la vie au lycée de Dano pour que nous prêtions attention à cette jolie blonde de présentatrice.
Mardi. Nous sommes à 7h au lycée. Toute la matinée sera consacrée à des échanges dans les classes qui ont des heures creuses. Nous rendons donc visite aux sixièmes du collège communal, aux secondes et aux premières scientifiques. Avec ces derniers, qui ont quasiment notre âge, l'échange est incroyablement facile et prend vite des tournures de débat: des thèmes aussi sensibles voire tabou que l'avortement, la contraception, l'immigration, le mariage sont abordés !! Nous sommes ravies de pouvoir échanger les points de vue et les conceptions avec des gens de notre âge, qui ne manquent pas d'ambition, veulent devenir magistrats, médecins, psychologues ! Ces élèves sont déjà organisés en association, une sorte de bureau des élèves en somme, et proposent toutes sortes d'activités au sein de l'école: cours de musique, théâtre, journées de sensibilisation (autour de sujets comme le sida ou l'avortement). On se croirait à l'ESSEC, avec des gens plus jeunes mais encore plus motivés et investis ! Cette dynamique fait vraiment plaisir à voir.
Déjeuner avec nos hôtes, nous goutons le toufou local. Après-midi dans notre chambre. Je redécouvre les bienfaits de la sieste par une écrasante chaleur alors que Maria vaque à ses occupations.
En fin de journée, nos directeur/directrice nous font visiter la fondation Dreyer, grand partenaire du lycée mais surtout grand centre de recherches scientifiques et de micro-développement. Le secrétaire général nous accueille et nous décrit les activités du centre, les projets, les axes de recherche. Rencontre passionnante pour nos Maries futures entrepreneuses sociales !!
Nous vous invitons d'ailleurs à jeter un coup d'oeil au site qui décrit parfaitement cet endroit fort intéressant...
http://www.dreyerstiftung.de/1000_fre.html
la photo de barrage que vous voyez, c'est à Dano (l'unique lieu d'action de la fondation) et on l'a eu sous nos yeux, c'était très très beau !
Le soir nous dînons chez Madame la directrice et découvrons le tô, sorte de pâte visqueuse à base de mil. ça remplit le ventre, même si on n'est pas forcément friand !!
Mercredi. Départ après une bonne heure d'échanges avec les premières scientifiques qui nous ont re-sollicités. Le directeur nous a chaleureusement remerciées pour l'aide en fournitures et en livres que nous avons fournie. Ici nous avons vraiment l'impression que tout cela va servir, contrairement à d'autres endroits comme Malba où le contact n'est pas passé et où nous avons eu un sentiment d'inutilité assez puissant. Comme quoi il ne faut jamais désespérer, d'ailleurs merci pour vos commentaires qui nous encouragent quand les choses ne sont pas faciles sur place ! En tout cas nous garderons de Dano un excellent souvenir, et de magnifiques images de coucher et de lever de soleil (à partager avec vous sur le blog très prochainement, faute de câble :s)
Marie R alias Marire, pour les Marie ²
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Publié à 05:47, le 26/11/2008, Mots clefs : |
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Semaine mi-mangue, mi papaye
Nous arrivons lundi 17 novembre à Pella pour LE gros projet de la mission, le plus cher, qui représente 1/5 de notre budget: l'installation des "plaques" solaires (comme le dit si bien notre ami poète Théodore Kinda, danseur devant l'éternel).
Ah! Quel soulagement, ici, on pourra dormir! Ouf! Anna va (un peu) moins râler.
Première journée dodo, on vous passera les détails inintéressants en ce lieu (respiration forte durant le sommeil d'un certain membre, âne qui s'accouple avec une biquette-enfin, au bruit ça pouvait être uniquement ça-etc)
Mardi 18 novembre: Solarcom est là!
Les techniciens sont là. On va pouvoir commencer. Alors que nous continuons à visiter les classes.
Après avoir découvert que le certificat d'études pour passer en 6e est difficile d'accès au Burkina, nous découvrons aussi que la formation de technicien est douteuse...
Ils ont en effet commencé à installer les plaques au-dessous d'un arbre, ce qui permet un ensoleillement pur et total de 6h30 du matin...à 9h du matin. Clap. Clap. Clap. Nous applaudissons des deux mains.
Après les avoir pressés (ou opressés pour ce qui concerne Anna), ils repartent dans le droit chemin. Ouf.
Le midi, nous visitons et Mr l'inspecteur et Mme le préfet pour des discussions ma foi fort intéressantes. Il faut savoir qu'ici, le poste de préfet est souvent obtenu par népotisme ou corruption. C'est un poste politique, situé en-dessous du chef de province, lui même situé en-dessous du gouverneur de région, placé sous la direction du président.
En gros, c'est un poste important, c'est la direction administrative d'un commune (équivalent de notre département).
En réponse à ma question faussement naïve sur l'origine de l'obtention de son poste, son rire fût donc ravageur. Ca laisse songeur.
Nous sommes ensuite allés voir le jardin de l'école de Pella A (car à Pela, il existe en éalité 3 écoles, pourtant encore surchargées).
Ce fût pour nous l'occasion de découvrir l'ONG Respublica, qui s'occupe des écoles du Burkiemdé (province au centre ouest).
Mercredi, nous avons donc pu rencontrer la présidente de l'ong, pour un échange des plus constructifs. Affaire à suivre...
Nous avons ensuite mis en place le jumelage entre l'école et celle de Pontoise. Et dieu sait si ce fût compliqué et déchirant de devoir choisir des élèves. Car les effectifs français sont 3 fois moindres, ce qui impliquait une sélection.
Solarcom avait fini son boulot vers 15h, et ils purent faire une formation pour l'entretien des panneaux.
Bye bye les semi-compétents.
C'est ce jour même je crois que commença une compicité certaine entre nous et les enseignants: Marcel, le prof de CE1 et Irène, moi et le directeu, Anna et Isidore, le prof de CM2.
Irène adorait les blagues de Marcel, Anna ne pouvait supporter le côté rouleur de mécaniques d'Isidore (que pourtant Irène aimait bien!).
Et moi, depuis ce jour, je commençai à essayer de motiver le directeur pour qu'il mène la danse des enseignants!
La pirouette
Théodore, le directeur, croyait nous faire oublier mon dessein en nous proposant le jeudi matin une danse wiiré par la troupe du village. Même si la danse de force de ces hommes était magnifique et vaudra le détour dans notre film( avec notamment un discours mythique de la part de moi-même pour les remercier), je ne perdais pas le nord.
Je préparais un coup.
L'aide au développement
Vendredi, nous nous essayâmes à une figure de style incontournable pour des personnes s'occupant d'associations d'aide au développement: la motivation!!
Premièrement, nous avons accompagné les dirigeants de l'association des parents d'élèves, l'APE, pour leur faire ouvrir un compte en, banque. L'APE est une association incontournable pour notre action: ils ont une influence sur la vie de l'école et du village très grande. Lors de notre passage à Pella, ils se sont mobilisés pour trouver un gardien pour les panneaux (indispensable dans la région), et pour couper les arbres récalcitrants empêchant le bon fonctionnement all day long des panneaux. Alors que, croyez-nous, ils sont pas au top de leur forme les membres du bureau!
Ouvrir un compte est une étape importante pour leur développement: ça apporte confiance aux cotisants (tous les parents d'élèves) et réduira peut-être en particulier le taux de non-paiement des cotisations. Cela nous permettra aussi d'avoir un suivi de la gestion des plaques, étant donné que nous sommes partie-prenante par le financement d'une partie du salaire du gardien.
Deuxièmement, nous avons fait convoquer une assemblée générale de l'APE pour leur expliquer, notre démarche et les motiver pour continuer à garder espoir et continuer à envisager de nouveaux projets pour améliorer la vie de l'école!
Le coup, le flop
Le soir, mon coup se met en place, le dolo (la bière de mil des paysans) que j'avais commandée pour les enseignants arrive au village à 18h. Théodore avait dit: "ici, on ne danse pas sans dolo". Voeu exaucé!
Malheureusement, le poste ne marchait...Malgré tous nos efforts "le génie de la technique est contre nous ce soir" comme le dit si bien Marcel.
Tout n'est pas perdu!
Après avoir récupéré les lettres du jumellage, nous allons suivre une danse ce samedi 22 dans le village voisin, une nouvelle fois organisée en notre honneur. Cette fois, c'est du "werba" auquel nous auront droit. Grosso modo, c'est une danse sur fond de 2 tam-tams fabriqués avec des calebasses, avec des ruptures de rythmes (contrairement aux danses nankanas beaucoup plus "lobotomisantes", les danseurs portant des sortes de jupes à frou-frou de paille virevoltant au mouvement des hanches.
Détail de taille: les danseurs étaient, ici, des écoliers de primaire!
La danse était géniale et encore une fois longue (15 minutes), remplie de pirouettes, dont de portés et des sauts périlleux impressionants. Une nouvelle fois, génial!
Dernier instant précieux du projet: notre première remise d'un carton de bouquins! Ouf!
Mais il était déjà l'heure de partir (bon avec quand même les 3h de retard de rigueur dans ce pays).
Pour notre plus grand bonheur, nous avons réussi à ce moment d'une profonde tristesse à arracher un mini pas de danse du directeur!! J'ai réussi!
Mais les EPH 2009, soyez prévenus, l'année prochaine, tout le monde préparera sa danse pour vous, parole de Burkinabè!!
Un énorme chapitre prend fin à EPH
Auré, supervisé par...Irène (Anna dort déjà)
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Publié à 11:02, le 22/11/2008, Mots clefs : |
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A Brébié, Anna, Irène et moi sommes des rois. Des rois, ici, ça veux dire : une représentation de tout instant.
Je lève le doigt, tout le monde me demande ce que j'ai. On doit suivre un programme prévu pour nous mais pas par nous.
Je vais aux toilettes, tout le monde me regarde avec un air émerveillé.
Etre un roi, c'est dur parfois, mais j'y prends goût. Je veux dire, nous pouvons goûter leurs meilleurs mets, leurs plus belles danses, leurs plus beaux sourires, leurs plus précieuses attentions!
Quel bonheur que ces danses des nankanas, danses de force indescriptibles mais tellement éprouvantes. Nous nous prêtons au jeu, et Irène deviendra même en quelques heures la chouchou de tout le village!!
Je suis un roi, Irène est reine. Anna se plaint.
Il est vrai qu'être roi n'est pas de tout repos dans ce plat pays. Coucher minuit every night, et vrai dodo vers 1h, après la fin des festivités en notre honneur, et des jeux des gamins. Lever 5h30 environ avec les premiers cris des enfants qui habitent à 7kms de l'école et viennent tôt.
"Laissez dormir les nassaras" crie-t-il à son pote. Oui oui, l'homme blanc est fatigué.
Mais pas le droit de se plaindre: ici, nous n'apporterons qu'un vulgaire fusible pour réparer les panneaux installés par EPH l'année précédente, maius thanks to Guissou, nos présents n'arriveront pas avant des semaines (cf les articles des filles). Bon OK, Irène a raison, on a qd mm amené une coupe et des maillots (encore merci Yves! Les gamins d'1m30 qui ont tes maillots sont très contents!)
Mais la pillule est dure à digérer lorsque eux nous donne environ 90% de leur richesse du mois en présents, essence pour nous transporter, nourriture...
Ici je suis roi, et dans ma cour, les plus hauts intellectuels du village se précipitent. Pascal, enseignant de CP1, et le directeur nous offriront des soirées de discutes autour d'un feu, pardon, autour d'une lampe halogène des plus intéressantes, aussi bien humainement qu'intellectuellement.
Ici, je suis roi, mais je dois rentrer à la capitale, car je pleure le mal-être de mes sujets. Le jeu a assez duré. Nous avons soif d'action. A l'évidence, nous ne sommes pas qu'observateurs, mais nous voulons avoir nos armes pour combattre face à la gentillesse incroyable des Burkinabè. Nous voulons réaliser nos gros projets. Nous voulons donner.
A Ouaga, chaque mendiant nous crève le coeur. Ici, il passe quasi innaperçu: il est à peine moins riche que le reste de la population.
Hier, j'étais un roi, aujourd'hui, je suis le porte-feuille. "Porte-feuille, laisse moi te parler, la communication ne coûte rien ici!"
Oui oui, j'entends bien, j'entends bien. Mais après avoir vécu à Brébié l'humanisme, ici je (re)découvre le jeu biaisé de nos rapports avec les Ouagalais.
Pour eux, c'est sûr, je suis roi. Le roi des imbéciles. Je voulais un simple CD de danses Nankanas, et il me propose un simili Alpha Blondy entouré de 3 femmes dont on ne verra que l'arrière-train sur un clip bas de gamme, avec pour fond sonore un chant pop, peut-être dans une langue d'une éthnie burkinabè. Ou, plus sûrement, d'une éthnie ivoirienne.
Je ne voulais pas être roi, mais là, c'est sûr, je tombe d'un trône trop haut pour moi
Plein de bises à tous nos proches qui nous manquent.
N'oubliez pas de laisser vos commentaires.
Je salue aussi mes collègues d'Apri.
Auré, supervisé par ses deux acolytes de la dream team, Anna et Irène.
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Publié à 10:30, le 22/11/2008, Mots clefs : |
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La douane, un des plus épiques épisodes de notre séjour à Ouaga, voire de notre séjour tout entier au Burkina!! Ou comment expérimenter la caricature de la lenteur administrative...
Pour ceux qui croyaient encore qu'une mission humanitaire EPH c'était beaucoup de tourisme et une peu de fun dans les écoles, on a pu se rendre compte qu'il s'agit aussi de dures négociations dans les méandres administratifs de la douane, entre autres...
Petit rappel : vers mi-septembre, nous avons fait envoyer une palette de 400kg de cartons que nous avions au préalable soigneusement remplis de centaines de livres, à destination des écoles que nous allions visiter. Cette fameuse palette partit de Rouen en bateau pour rejoindre Abidjan, puis Ouaga en camion. Elle est arrivée à destination le 6 novembre (veille de notre arrivée).
Pour normalement faciliter nos démarches, nous travaillons avec un transitaire depuis plusieurs années, qui assure le lien avec la douane, la compagnie de transit, l'université de Ouaga (UFR) qui nous permet d'exonérer notre marchandise, et nous.
Sauf que cette année, rien ne s'est passé comme prévu.
Premier contact avec Guissou, notre transitaire : il nous apporte des moustiquaires le soir de notre arrivée et nous discutons. Très sympa cet homme! Il nous explique qu'il va faire signer le papier d'exonération de notre palette par un adjoint au président de l'université de Ouaga (UFR) lundi, puis que nous pourrons aller à la douane mardi et que nous récupérerons nos cartons le soir. Ca tombe bien puisque nous en avons besoin pour notre passage à Brébié cette 1ère semaine. Sauf que finalement, après de plates explications, Guissou nous dit que l'adjoint ne peut pas signer le papier, que seul le président en personne de l'UFR peut le faire, or il est en déplacement et ne rentre qu'en fin de semaine. 1er contre-temps...
Guissou nous promet de nous recontacter jeudi, puis vendredi, mais pas de nouvelles, alors que nous le harcelons par téléphone et qu'il ne répond jamais. Il faut bien se rendre compte que sortir cette palette de la douane est un gros morceau, et que l'on commence à être assez stressés par la tournure que cette histoire prend!
Vendredi, nous passons à l'UFR, ou nous avons déjà stocker toutes nos fournitures scolaires, et on se dit que tant qu'on est sur place, autant aller nous-mêmes voir le président, car peut-être qu'à tout hasard, il pourra nous donner le papier signé qu'on attend depuis notre arrivée. Effectivement, il nous reçoit très cordialement, nous donne le papier signé. Nous avions essayé d'appeler Guissou juste avant, mais il n'avait bien sûr pas répondu. En revanche, lorsque le président l'a appelé, il l'a eu au bout du fil sans problèmes! Vous comprenez, Guissou a eu des problèmes de réseau ces 2 denriers jours, et ça venait juste de se rétablir...Bref! Nous sommes vendredi soir, il est 16h45 et nous avons enfin notre papier. Guissou nous dit que ça ne sert à rien d'aller à la douane ce soir car ça ferme à 17h. Nous souhaitons en avoir le coeur net, donc nous nous y rendons, et, sans aucun problèmes, nous y sommes reçus, nous déposons notre papier et on nous donne rdv le lundi matin à 11h pour récupérer notre dossier!
On commence donc sérieusement à douter du sérieux de notre transitaire.
Ce dernier, qui ne nous contacte pas du week-end contrairement à ses promesses, soi-disant pour nous laisser nous reposer, débarque lundi matin aux aurores à la pension Sarah alors que nous dormions encore. Ayant appris nos démarches, il se dit qu'il faut peut-être qu'il intervienne. Selon lui, le fait que nous soyons allés seuls à la douane va ralentir le processus. Il nous donne rdv à 11h à la douane et nous promet que nous aurons nos cartons le soir même. Bien sûr, il n'est pas là lorsque nous arrivons, donc, courageusement, notre chère présidente Pauline commence à aller de bureaux en bureaux pour récupérer des signatures, des autorisations et des papiers divers et variés...
Auré, Irène et Anna sont déjà repartis, tandis que 4 intrépides (Yara, Pauline et les 2 Marie) restent pour régler ces pb. Nous avons déjà repoussé notre départ dans les écoles de 2 jours alors que notre itinéraire est très serré, donc il devient impératif de récupérer tout ce lundi. Guissou, qui se rend avec Pauline dans tous ces bureaux, en profite pour discuter avec ses "amis", mais ne fait rien pour accélérer le processus alors que nous nous stressons pour récupérer nos cartons.
Après la direction générale des douanes, direction les entrepôts. Là aussi, trèèèèèèèès longue attente (comme partour ici...). L'entrepôt ferme à 17h, il est 16h45, on commence à sérieusement désespérer, et il est hors de questions que l'on reste plus longtemps à Ouaga. On décide donc d'user de nos charmes pour convaincre les douaniers de rester ouverts un peu plus longtemps... On tombe sur des gens sympas et qui s'intéressent un peu à notre mission.
Finalement, au prix d'un longue attente et d'un grand stress, nous récupérons nos cartons!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Guissou nous dit que c'est un miracle d'avoir pu faire tout ça en une journée (alors qu'il nous l'avait promis le matin même).
La journée est , enfin, presque terminée. Reste à négocier avec lui le montant de la prestation qu'il va nous facturer...
Et ça y est, enfin on va pouvoir partir dans les écoles!!!
Marie A
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Publié à 01:29, le 22/11/2008, Mots clefs : |
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Maria (Marie A) et Marire (Marie R) débarquent à Malba mardi à 17h30 après une journée de route qui a commencé à 7h.
Les 336 enfants de l'école sont là pour nous accueillir en chantant "Soyez les bienvenus, chez nous à Malba". Nous avons toutes les deux la gorge serrée d'émotion.
Découverte de l'équipe enseignante. Le soir tombe. Nous avons beaucoup BEAUCOUP de mal à trouver des sujets de conversation. Après le repas, pris à part de nos hôtes, nous nous couchons....Il est.......20h45. Ces deux jours à Malba risquent d'être très très longs.
Le lendemain nous nous faisons réveiller (nous avons passé la nuit dans l'une des salles de classe dépecées de ses tables-bancs) par les enfants qui arrivent en avance à l'école pour jouer au foot.......Il est......5h42.
Monsieur le directeur de l'école tient absolument- à nous présenter aux autorités du village. Rencontre avec le préfet, homme ouvert intelligent et curieux. La discussion était très plaisante. Puis découverte du maire, un homme.....un homme disons. La discussion était plus courte, et...moins plaisante !
L'après-midi, "réunion" avec l'équipe enseignante. Monsieur le directeur nous fait la liste des doléances de l'école, de la cantine aux blocs notes des profs, en passant par les serrures des logements des profs par les panneaux d'affichage des classes..... Les autres enseignants sont plutôt en mode sieste, un seul d'entre eux intervient plus ou moins. Les cartons de livres et de fournitures scolaires apportés ne semblent pas les émouvoir.
A vrai dire rien ne semble les émouvoir, ils ont tout simplement l'air d'être sur une autre planète, ou le rythme est bien plus lent que celui des Marie européennes. D'ailleurs on nous surnomme bien vite les " Marie ² ", le fait qu'on porte le même prénom semble beaucoup les amuser.....
Nous passons un peu de temps avec les enfants (pendant la pause de 3h de déjeuner des enseignants). Nous apprenons des chansons, nous faisons quelques jeux, nous lisons les livres que nous avons apportés. Mais il est difficile de communiquer avec eux, barrière de la langue oblige. Leurs quelques notions de français et notre ignorance totale des dialectes de la région nous empêchent de nous comprendre vraiment. Cependant le contact est agréable et les enfants viennent nous voir sans crainte, et nous sommes heureuses de passer du temps avec eux plutôt qu'avec les adultes.
Le soir arrive bien vite ici. A 18h c'est le noir complet, et il faut trouver de nouveaux sujets de discussion avec les "grands". Ce soir pourtant, nous ne cherchons guère à communiquer, car les profs eux-mêmes ne font aucun effort pour parler en français. Marie et moi nous lançons dans un grand jeu de devinettes inédit. A noter que Maria a eu beaucoup de mal à deviner Astérix. Mais quelle bonne idée d'avoir choisi le Bibendum de Michelin à me faire trouver.....
Qu'est ce qu'on s'amuse à Malba !
Dernier jour à Malba. Nous rencontrons les parents d'élève. La liste des doléances là encore est longue et plaintive, mais surtout manque de priorisation... Peu à peu nous comprenons ce qui s'est passé à Malba l'an dernier, l'échec du projet bibliothèque, et cette année les échecs des projets jardin et puits.... Rien ne semble possible à long terme ici.
L'après-midi passe à une vitesse INCROYABLEMENT réduite. Les devinettes continuent après une petite visite du village (non acompagnées biensûr, car c'est l'heure de la sieste). Puis nous finissons par chanter les paroles des quatre chansons qui tournent en boucle sur ce cd de zouk datant des années 1990.....
Le lendemain, 7h. Nous sommes prêtes pour partir. Et soulagées de quitter cet endroit peu dynamique et peu accueillant.
Plus de batterie.
Bouffée d'angoisse.
Les Marie ² sont coincées à Malba. Gloups.
5 essais sur 5 batteries différentes plus tard, nous perdons espoir d'un jour quitter cet endroit.
Et là le bruit d'un moteur: le camion de Moussa qui passe sur la route de Malba !!!! Bondissant de nos chaises, nous arrêtons le camion qui nous dépanne en moins de deux. Finalement, 3h après avoir chargé le 4*4, nous repartons.
Nous garderons le souvenir de ce magnifique baobab, et des serpents aux piqures mortelles dont on nous a décrit tous les effets (ça coagule, ou ça décoagule, ça asphyxie, ça fait pourrir, etc), merci Monsieur Tristan d'avoir étalé votre savoir d'infirmier malgré la panique qui se lisait sur nos visages !!
Adieu Malba.
Marire, pour les Marie ²...
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Publié à 01:28, le 22/11/2008, Mots clefs : |
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Yara et moi (Pauline) sommes arrivées à Badoné, petite école perdue dans la brousse, près de Diébougou (à vos cartes !), après 7 heures de voyage en 4x4 ce mardi. On l'adore notre 4x4, je veux dire, heureusement qu'il est là, mais il faut sentir les vrombissements du moteur lorsque l'on passe de 80 à 100 km/h...C'est comme si la voiture allait s'arrêter net à chaque fois, mais à chaque fois elle continue son petit bout de chemin ! Encore un de ces petits trucs spéciaux d'ici, auxquels on ne comprend pas grand chose, mais qui nous simplifie la vie.
Bref...Nous sommes donc arrivées ce mardi après-midi, et quelques 300 enfants étaient là, dans la cour de leur école, et sont accourus, entourant la voiture, l'empêchant presque d'avancer...C'était à la fois assez émouvant de les voir tous avec le sourire et crier "les blancs ! les blancs !", et en même temps angoissant de les voir s'accrocher à la voiture qui roulait toujours.
Le directeur est enfin arrivé, un homme grand, fin, assez timide et avec un air de Fernandel. On était très heureuses d'arriver, enfin, mais on a vite eu l'impression quand même de ne pas être attendues. Rien de spécial n'a été prévu pour notre arrivée. Nous avons dû un peu insister pour assister aux cours (ils ne savaient pas trop quoi nous faire faire visiblement). Nous avions néanmoins notre petite maisonnée propre, luxe du luxe pour un village de brousse.
La nuit est vite tombée et là c'est le choc (le 1er choc): pas de courant! Oui, oui ça fait chochotte européenne, mais je vous assure, se retrouver à 18h30 dans l'obscurité la plus totale a de quoi en remuer plus d'un. Nous sommes passées de maison en maison, guidées par le directeur, saluer les villageois sans voir les têtes de nos interlocuteurs qui parlaient entre eux dans leur dialecte. Grand moment de solitude. Le plus drôle fût la première nuit sans doute. Imaginez nous suspendre nos moustiquaires à des ficelles de cuisine aux fenêtres, étouffant sous nos sacs de couchage (les nuits sont bien fraîches), et tressaillant au moindre bruit...Et on peut dire qu'il y en a ! Qui a dit que le coq ne chantait qu'au lever du jour ??? Celui-ci le faisait dès 2h du matin, les ânes hurlent en plein milieu de la nuit (et ça fait des bruits bizarres un âne...), les cochons (ou les chèvres ?) se frottent contre notre porte...On s'habitue, mais la première nuit, c'est quelque chose.
Nos interventions en classe le premier jour furent assez sympas, surtout celle dans le CP1, ou les enfants chantent sans pudeur, nous sourient et osent lever la main et répondre même en notre présence...d'impressionnants petits bouts de chou, vraiment ! Et le prof était dynamique, enthousiasmant. Les CM2 étaient plus timides, conscients de notre présence et du regard que nous pouvions leur porter. De plus, les difficultés de compréhension sont plus évidentes. Ils avaient du mal à comprendre nos phrases, notre accent et n'osaient pas nous demander des explications.
La journée de cours s'est clôturée avec un match de foot mythique, les verts contre les blancs. Les enfants, très doués, jouaient pieds nus sur les cailloux, sans la moindre expression de douleur.
L'épisode de la bibliothèque nous a un peu découragées : les livres apportés les années précédentes sont toujours là, mais personne ne les utilise, sous prétexte qu'ils ne savent pas comment fonctionne une bibliothèque ; nous avons tout reclassé, proposer un système de prêt, mais nous doutons fort que cela fonctionne un jour...Les profs avaient l'air plus préoccupés par le fait que nous n'ayions pas apporté de scrabble, ni de guide pédagogique pour eux.
Le tour que nous avons fait le troisième jour dans la brousse était juste génial. Il faisait moins chaud, la nature était très belle, et nous avons rencontré des villageois des alentours, parlant à peine le français, buvant du dolo (bière locale) à l'ombre des arbres et des cases...
Deux coqs nous ont été offerts à notre départ (!), tués par notre directeur pour nous nourrir au retour à la ville. Et les étoiles ! C'est angoissant la nuit noire, mais ça permet de voir les étoiles briller plus fort qu'en France.
Voilà pour un petit aperçu de notre premier passage en brousse !
Yara et Pauline
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Publié à 01:16, le 22/11/2008, Burkina Faso Mots clefs : |
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Lundi 10 novembre 2008, 17h45.
La nuit pointe le bout de son nez. Anna, Irène et moi (Aurélien) sommes partis depuis 4h de Ouaga. Nous sommes à 180 kms de la capitale, nous avons cherché pendant 1h la piste pour aller à l'école.
Personnellement, j'attends avec impatience la VRAIE piste burkinabè, loin de la piste goudronnée à la française. Un peu de bosses, que diable!
"A droite après le marché". 2 mètres plus loin. " A gauche, après le marché, il y a un écriteau!".
Plusieurs sources sont nécessaires. Oui, oui!
Nous sommes à Guéno, près de Brébié. nous passons devant la piste, sans l'emprunter, mais faisons vite demi-tour. Notre dernier "guide local" (on en a environ 15 qui proposent leurs services à chaque arrêt du 4X4) nous indique ENFIN la bonne route.
L'écriteau en question indiquait en effet non pas Brébié, c'eut été trop simple, mais un dispensaire construit en partenariat avec la Chine.
Petite pause narrative : la Chine est un acteur important, même au Burkina. C'est grâce à leurs mobilettes bas coût/ bas prix/ basse qualité que les rues du Burkina sont envahies par ces engins fabricateurs de pollution sonore. Oui, Paris nous manque énormément pour certaines choses.
Nous arrivons à 100m de l'école. Des cris au loin. Nous sommes fatigués. Encore des guides???!!! NON!
Une nuée d'enfants envahit la piste en 30 secondes et se précipite sur la voiture. Nous retenons nos larmes.
Non, nous ne sommes pas des sensibles, c'est juste que la poussière, dans la brousse, c'est dur!!!
A dire vrai, l'émotion est profonde, nous sommes accueillis, à proprement parler, comme des rois. Les mets délicieux proposés le long du séhour (3 jours) valent, à coup sûr, 3 fois ce qu'ils ont pour vivre par mois dans les villages.
Nous resterons installés pendant la quasi totalité des protocoles d'arrivée ( mais aussi de fin, de milieu, de départ, de retour, de remise de prix pour la compète de foot, de digestion) (merci à Jade pour la coupe!!) sur des chaises positionnées sur une sorte de "présentoir": la marche de 80 cms environ devant l'école.
Pendant les 3 soirées, les festivités en notre honneur se succéderont donc sous nous yeux, à notre plus grand plaisir, et à notre plus grande gêne également. Il est difficile de se mettre dans la peau d'un roi alors que tu es venu faire de l'humanitaire.
Mais que dire de l'immense bonheur de découvrir les danses des Nankanas.
La suite demain...
Regardez les quelques photos qu'on a téléchargé, pour vous donner une idée de ce qu'on a vécu...
Auré
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Publié à 07:29, le 14/11/2008, Mots clefs : |
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Hier, mardi 11 novembre, une non-journée???
Matinée passée à boucler nos emplois du temps et l'itinéraire. Grosse frayeur quant à l'essence de Total!! On pensait n'avoir sur notre "Tomcard" (carte prépayée pour l'essence) uniquement la moitié du montant d'essence qu'on va utiliser (6000 km quand même...), et finalement, après qqs petits calculs, tout va bien!
Sinon, échecs dans nos négociations pour des ballons et du matériel sportif. Les prix sont exhorbitants, les Ouagalais durs en affaires, mais on ne déséspère pas et on retourne à la charge vendredi (et puis bon, on a déjà 45 maillots!!!).
A 15h, grosse déception car impossibilité de sortir nos cartons à la douane sans le papier que le troisième adjoint doit signer (ah l'administration..!!!), mais pause fruits (oranges, pastèques et bananes) très agréables et revigorantes pour le moral des troupes étant données la chaleur et la faim. A 16 h tout se déclenche, l'UFR (Université de Ouaga) est OK pour nous prêter une salle fermée pour les fournitures, donc on rappelle nos fournisseurs Libanais qui ont préparé notre tonne et demi de fournitures scolaires. Le chargement se passe miraculeusement bien : tout rentre dans la voiture du 1er coup alors qu'on pensait faire 2 voyages; et alors qu'on craignait le déchargement à seulement 4 filles, tout s'est bouclé en 10 min grâce à l'aide de deux étudiants et deux employés de l'UFR.
Petite anecdote : on était persuadées d'avoir acheté toutes nos fouritures au Comptoir Burkinabè du Papier (ils nous l'avaient confirmé), pour finalement découvrir qu'on était chez le concurrent, la SPA. Mais on a eu les prix qu'on souhaitait quand même!
Aujourd'hui, mercredi 12, 1ère visite en école pour nous 4 (les 2 Marie, Pauline et Yara) : Notre-Dame de l'Annonciation à Ouaga. Accueil très chaleureux de la part des soeurs et des enfants. Cette école est extrêmement dynamique, organisée et performante. Les projets des soeurs sont très ambitieux et prouvent leur motivation et leur envie de faire réussir les élèves. Les élèves ont tous voulu nous dire bonjour ("Bonjour tantie" ou "Bonjour ma soeur") et nous serrer la main, nous ont chanté des chansons. Ils ont l'air très heureux, en bonne santé et très sérieux et travailleurs. Nous avons été prises au dépourvu en arrivant dans les classes. Nous devons plus nous préparer à nos interventions dans les classes.
Irène, Aurélien, et Anna sont toujours à Brébié où l'accueil est visiblement formidable et où tout se passe bien!!! Les panneaux solaires installés l'an dernier fonctionnent toujours bien!
Pauline, Yara et les deux Marie
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Publié à 03:02, le 12/11/2008, Mots clefs : |
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...on colle mais on ne pique pas!"
Arrivée à Ouagadougou le vendredi 7. A la suprise générale, un chauffeur nous attendait, une pancarte à la main: Pauline Joubert - EPH. Les miracles existent. En effet, cela faisait une semaine qu'on essayait de le joindre en vain!
2ème miracle: la pension Sarah avait bien enregistré notre réservation! Et nous avons même pu dormir le premier soir sous moustiquaire. L'Afrique est décidément une terre providentielle.
Avec 35° à l'ombre, nous avons l'impression de fondre à vue d'oeil, mais les ouagalais trouvent le temps trop frais à leur goût. Nous découvrons la ville avec plaisir, il s'agit d'un étonnement de toutes les minutes. Nous nous faisons "coller" par les vendeurs ambulants qui nous prennent pour des tiroirs-caisses, mais qui malgré tout demeurent sympa. Sacrées mouches!
Tout le monde nous souhaite le bonjour et la bonne arrivée, l'hospitalité est une valeur sacrée pour les burkinabè.
En ce qui concerne la mission, tout se passe bien: nous avons échangé notre argent, acheté des cartes sim (on arrive à communiquer avec le monde extérieur!ô joie!), nous avons obtenu une voiture avec galerie, le chauffeur ne connait pas Ouaga mais semble sympa et digne de confiance. Annick, la prof de sport expatriée, nous a retrouvés à l'improviste à la Pension Sarah. Femme très sympathique qui nous invite à diner chez elle. Nous avons négocié maillots de foot (3 heures d'attente sous un soleil de plomb! Appelez nous warriors!) et fournitures. Le partenariat avec Total pour l'essence (6000 km de trajet) est reconduit.
Nos contacts Monsieur Guissou et Monsieur Tapsoba sont très avenants et chaleureux, toujours prêts à nous rendre service et disponibles même le dimanche.
Petit plaisir personnel: la visite au SIAO (salon international de l'artisanat de Ouaga). Des artisans venus de toute l'Afrique et même du Brésil exposaient bijoux, sacs, statuettes, peintures et tissus. Pauline est officiellement la shoppeuse compulsive du groupe! Mais son collier en valait la peine. Irène est la plus raisonnable, n'ayant pas cédé au moindre petit collier!
Petite remarque qui a son importance: Auré n'en peut déjà plus d'être entouré de jeunes demoiselles.
Aujourd'hui la première équipe composée d'Irène, Anna et Auré s'est rendue à Brébié pour vérifier que les panneaux solaires installés l'an dernier fonctionnent toujours. Aux dernières nouvelles le trajet en voiture se déroulait bien. Nous les retrouvons jeudi afin d'apporter les cartons de fourniture et de livres et ensuite visiter le village de Tiébélé.
A plus tard pour de nouvelles aventures!!
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Publié à 02:32, le 10/11/2008, Ouagadougou Mots clefs : |
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Dans moins de 24 heures nous serons tous les 7 dans l'avion en direction de Ouaga...Les derniers préparatifs donc...est-ce que tout va rentrer dans le sac??? est-ce que j'ai pas oublié LE truc essentiel pour partir ? Bref, on s'agite en vue du départ !
Dernièrement, nous avons fait faire nos visas, appelé les écoles pour leur faire part de nos dates de passage et de notre effectif (nous avons fait deux groupes de deux et un groupe de trois), la pension Sarah est réservée pour notre première semaine à Ouaga (on espère qu'ils ont compris le message...), l'itinéraire est finalisé et la grande nouvelle est que nous allons parcourir environ 6000km en 4x4 !
Donc sur le planning : première semaine à Ouaga (sauf pour 3 d'entre nous qui allont à Brébié pour les panneaux solaires) où il va falloir marchander les fournitures scolaires, aller à l'université, récupérer nos cartons partis il y a...2 mois ! par bateau...et faire quelques démarches administratives.
La suite au prochain numéro ! On vous fera partager les joies du Burkina :)
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Publié à 01:14, le 6/11/2008, Mots clefs : |
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