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La carte des lieux visités
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Aventures à Badoné
Yara et moi (Pauline) sommes arrivées à Badoné, petite école perdue dans la brousse, près de Diébougou (à vos cartes !), après 7 heures de voyage en 4x4 ce mardi. On l'adore notre 4x4, je veux dire, heureusement qu'il est là, mais il faut sentir les vrombissements du moteur lorsque l'on passe de 80 à 100 km/h...C'est comme si la voiture allait s'arrêter net à chaque fois, mais à chaque fois elle continue son petit bout de chemin ! Encore un de ces petits trucs spéciaux d'ici, auxquels on ne comprend pas grand chose, mais qui nous simplifie la vie.
Bref...Nous sommes donc arrivées ce mardi après-midi, et quelques 300 enfants étaient là, dans la cour de leur école, et sont accourus, entourant la voiture, l'empêchant presque d'avancer...C'était à la fois assez émouvant de les voir tous avec le sourire et crier "les blancs ! les blancs !", et en même temps angoissant de les voir s'accrocher à la voiture qui roulait toujours.
Le directeur est enfin arrivé, un homme grand, fin, assez timide et avec un air de Fernandel. On était très heureuses d'arriver, enfin, mais on a vite eu l'impression quand même de ne pas être attendues. Rien de spécial n'a été prévu pour notre arrivée. Nous avons dû un peu insister pour assister aux cours (ils ne savaient pas trop quoi nous faire faire visiblement). Nous avions néanmoins notre petite maisonnée propre, luxe du luxe pour un village de brousse.
La nuit est vite tombée et là c'est le choc (le 1er choc): pas de courant! Oui, oui ça fait chochotte européenne, mais je vous assure, se retrouver à 18h30 dans l'obscurité la plus totale a de quoi en remuer plus d'un. Nous sommes passées de maison en maison, guidées par le directeur, saluer les villageois sans voir les têtes de nos interlocuteurs qui parlaient entre eux dans leur dialecte. Grand moment de solitude. Le plus drôle fût la première nuit sans doute. Imaginez nous suspendre nos moustiquaires à des ficelles de cuisine aux fenêtres, étouffant sous nos sacs de couchage (les nuits sont bien fraîches), et tressaillant au moindre bruit...Et on peut dire qu'il y en a ! Qui a dit que le coq ne chantait qu'au lever du jour ??? Celui-ci le faisait dès 2h du matin, les ânes hurlent en plein milieu de la nuit (et ça fait des bruits bizarres un âne...), les cochons (ou les chèvres ?) se frottent contre notre porte...On s'habitue, mais la première nuit, c'est quelque chose.
Nos interventions en classe le premier jour furent assez sympas, surtout celle dans le CP1, ou les enfants chantent sans pudeur, nous sourient et osent lever la main et répondre même en notre présence...d'impressionnants petits bouts de chou, vraiment ! Et le prof était dynamique, enthousiasmant. Les CM2 étaient plus timides, conscients de notre présence et du regard que nous pouvions leur porter. De plus, les difficultés de compréhension sont plus évidentes. Ils avaient du mal à comprendre nos phrases, notre accent et n'osaient pas nous demander des explications.
La journée de cours s'est clôturée avec un match de foot mythique, les verts contre les blancs. Les enfants, très doués, jouaient pieds nus sur les cailloux, sans la moindre expression de douleur.
L'épisode de la bibliothèque nous a un peu découragées : les livres apportés les années précédentes sont toujours là, mais personne ne les utilise, sous prétexte qu'ils ne savent pas comment fonctionne une bibliothèque ; nous avons tout reclassé, proposer un système de prêt, mais nous doutons fort que cela fonctionne un jour...Les profs avaient l'air plus préoccupés par le fait que nous n'ayions pas apporté de scrabble, ni de guide pédagogique pour eux.
Le tour que nous avons fait le troisième jour dans la brousse était juste génial. Il faisait moins chaud, la nature était très belle, et nous avons rencontré des villageois des alentours, parlant à peine le français, buvant du dolo (bière locale) à l'ombre des arbres et des cases...
Deux coqs nous ont été offerts à notre départ (!), tués par notre directeur pour nous nourrir au retour à la ville. Et les étoiles ! C'est angoissant la nuit noire, mais ça permet de voir les étoiles briller plus fort qu'en France.
Voilà pour un petit aperçu de notre premier passage en brousse !
Yara et Pauline |
Publié à 01:16, le 22/11/2008, Burkina Faso Mots clefs : |
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
Commentaire sans titre
Quel dépaysement!
Dommage que la bibliothèque n'aie pas servi... leur fallait-il vraiment un système de prêt organisé? Pourquoi ne pas mettre à la disposition des élèves, directement dans les salles de cours, les livres qui pourraient les intéresser? |
Publié par Jade à 00:41, 24/11/2008 |
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